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mardi 17 mars 2026

La triste nouvelle du décès de Jean Delas

Jean Delas. (c) Photosegor.

Il faut avoir un certain âge pour avoir connu Jean Delas, un des trois cofondateurs de l'école des loisirs. Né le 31 août 1939 dans les Landes, il est décédé ce 16 mars 2026 à Hossegor. Cravate Hermès et rire sonore, il a mené sa maison de main de maître quand il n'exerçait pas son second métier, gestionnaire de forêts.
 
Sa maison d'édition a annoncé son décès à ses auteurs par ces mots:
"J'ai la grande tristesse de vous annoncer la disparition de Jean Delas, qui s'est éteint ce 16 mars à l'âge de 86 ans.
Éditeur de conviction, il était un infatigable défenseur de la création libre, de la promotion de la lecture chez les jeunes et de la lutte contre l'illettrisme.
Avec Jean Fabre, puis Jean-Louis Fabre et Arthur Hubschmid, il a animé notre maison pendant 50 ans avec une énergie farouche, la volonté de toujours aller de l'avant et, surtout, une passion pour les enfants et leur épanouissement."
l'école des loisirs, entreprise familiale qui a soufflé ses soixante bougies l'an dernier, a été créée en septembre 1965 par un trio, Jean Fabre (décédé en 2014, lire ici), son neveu Jean Delas et Arthur Hubschmid, un graphiste suisse. Un nom qui s'ajoute aux Éditions de l'École, spécialisées dans le manuel scolaire, créées par Raymond Fabry en 1922 et où entre en 1942 Jean Fabre, gendre du fondateur. Les y rejoint en 1945 Jean Fabry, fils de Raymond Fabry, à son retour de captivité. En 1949, au décès du fondateur, la maison sera dirigée par Jean Fabry (jusqu'en 1984) et Jean Fabre. Scolaires, les Éditions de l’École lorgnent toutefois vers autre chose. Surtout quand en 1962, elles sont rejointes par Arthur Hubschmid et Jean Delas, petit-fils du fondateur, de formation économique et commerciale. Le trio est là. Il sera rejoint en 1975 par Jean-Louis Fabre, fils de Jean Fabre et petit-fils du fondateur.

En septembre 1965, l'école des loisirs est créée. Dès ses débuts, elle publiera des auteurs majeurs, Tomi Ungerer, Maurice Sendak, Arnold Lobel, Leo Lionni, Peter Spier, Mitsumasa Anno, Iela et Enzo Mari. Des artistes francophones aussi, dont Marie Wabbes et sa série "Les enfants d'un autre temps". Tout de suite, elle se positionne comme un éditeur de référence, visant le meilleur pour les enfants (lire ici). Au sein de la maison, les rôles sont clairs: à Jean Fabre et Arthur Hubschmid, le côté créatif, à Jean Delas le visionnaire et le bâtisseur, les aspects plus pragmatiques. Et même s'il ne croit pas toujours à tous les titres que ses coéquipiers publient, il les défend. Et n'hésite jamais à appliquer une politique d'auteurs. Il sait qu'un titre moyen peut amener à l'excellence. Il patiente. Même s'il s'impatiente souvent. Il sait aussi qu'en engageant toute une série de femmes jeunes, ces dernières partiront en congé de maternité. Et il se réjouit de l'arrivée de ces futurs lecteurs. A l'extérieur, il traite magnifiquement les libraires et les bibliothécaires, ceux et celles qui passent les livres. Dont les siens à propos desquels il fait tout pour qu'ils soient connus - ils le méritent.

Évoquer Jean Delas, c'est parcourir la chronologie de sa maison d'édition car il n'a cessé d'innover, pour la faire grandir, pour la solidifier:
  • création de la SEREG en 1969, atelier éditorial dirigé par d'Arthur Hubschmid.
  • ouverture en 1974 à Paris de la librairie spécialisée pour enfants Chantelivre.
  • lancement en 1975 de la collection "Renard poche", première collection cartonnée de poche en France pour les enfants.
  • publication à partir de 1976 d'auteurs-illustrateurs français comme Yvan Pommaux, Philippe Dumas, Michel Gay, Frédéric Stehr, Claude Boujon.
  • lancement en 1977 de la collection "Lutin poche", première collection d'albums au format de poche pour les plus jeunes.
  • publication en 1978 de romans, les collections "Mouche", "Neuf" et "Médium" d'aujourd'hui et la création des "Classiques abrégés".
  • création en 1981 du premier club français d'abonnement-livres pour enfants, "Kilimax", qui sera suivi de sept autres "clubs Max", pour les âges allant de la toute petite enfance à la grande adolescence.
  • apparition d'une nouvelle génération à partir de 1987, la famille Lecaye (Grégoire Solotareff, Nadja et leur mère Olga), Philippe Corentin et Claude Ponti, etc. 
  • création en 1988 de l'imprint belge Pastel.
  • prise en diffusion en 1990 des éditions Kaléidoscope.
  • création en 1992 du label d'albums documentaires "Archimède" dont la devise est "Avec une histoire, je comprends".
  • création en 1994 du label "loulou & cie", pour les tout-petits et en Allemagne de l'imprint Moritz Verlag.
  • création en 1995 de la collection "Théâtre" et l'arrivée de nouveaux noms comme Adrien Albert, Stéphanie Blake, Magali Bonniol, Chen Jiang Hong,  Catharina Valckx, Anaïs Vaugelade...
  • création en 1998 à Barcelone de l'imprint Editorial Corimbo (castillan et catalan).
  • création en 1999 à Milan de l'imprint Babalibri.
  • création en 2001 de la collection "Petite Bibliothèque de l'école des loisirs", année où Jean Delas et Jean-Louis Fabre sont officiellement nommés directeurs généraux..
  • création en 2005 de la collection "Belles Vies", qui deviendra "Médium documents" en 2010.
  • arrivée en 2007 dans l'équipe de direction de Guillaume Fabre, petit-fils de Jean Fabre qui, âgé de plus de 85 ans, s'éloigne.
  • création en 2008 de la nouvelle holding familiale Nova Groupe.
  • création en 2009 de la collection audio "Chut!".
  • création en 2010 de la collection de BD poche pour enfants "Mille bulles".
  • départ en 2013 de Jean Delas quand son fils Louis lui succède à la direction générale, en binôme avec Jean-Louis Fabre dont le fils, Guillaume, est nommé directeur adjoint.
Ensuite, le passionné de rugby a poursuivi son engagement ancien contre l'illettrisme, en créant en 2015 le festival Lire sur la vague. Car pour lui, l'accès aux livres est un enjeu fondamental d'égalité.
 
 



Jean Delas.




Mira, Mireille et Nina (Neuray)

Mira et Mireille entourent un projet de couverture.

 
Il n'est pas si fréquent de voir quasiment toutes les images originales d'un album accrochées à des cimaises. C'est le cas pour celles qui composent l'épatant livre pour enfants (dès 6 ans) "Cric! Crac! Les taupes passent à l'attaque!" de Nina Neuray et Aurélien Dony au texte (CotCotCot éditions, 60 pages, 2025). Elles illuminent un long couloir au rez de la Maison de la Francité à Bruxelles. L'exposition permet d'apprécier tous les détails des dessins, un peu plus grands qu'imprimés, et de découvrir l'une ou l'autre surprise absente de l'ouvrage en papier.
 
Hexamètres et alexandrins, souvent rimés, pas toujours, racontent d'abord la vie de Mira, jeune taupe espiègle et débordante d'énergie. Elle et ses congénères se débrouillent sous terre, dans le noir, comme si elles y voyaient. "Cric! Crac! On met la terre en vrac!" revient en fil rouge tout au long des pages. Ce qui n'empêche pas la jeune Mira de filer de galerie en galerie vers l'extérieur, voir ce qu'il s'y passe. C'est aussi là qu'elle retrouve sa chère amie Mireille. Aveugles, elles inventent le paysage, prenant du bon temps au soleil.
 
Une quiétude qui fait envie.

Cette vie agréable s'interrompt avec de sombres grondements, avec les pleurs du soleil et ceux d'une petite fille. Mira et Mireille filent la retrouver. Là, près de la rivière, l'enfant qui parle aux animaux leur annonce la terrible nouvelle, l'arrivée imminente de l'Ultrasupermarché! La forêt va-t-elle être détruite? Et avec elle, ses habitants?
 
À l'attaque contre l'Ultrasupermarché. 
 
Les petites taupes ne peuvent admettre cela. Résistance est leur mot d'ordre et on va voir comment elles vont l'organiser en compagnie des animaux de la forêt et de l'enfant-rivière. "Cric! Crac! On met la terre en vrac!" Avec une force telle que les humains ne pourront résister. Cette guerre venue de sous la terre s'achève sur une finale apaisée. Un point pour le respect de l'environnement. Les pages déroulent d'exquises illustrations de nature où tout est à observer au son du texte délicatement composé. David contre Goliath. Mira, Mireille contre l'Ultrasupermarché. Un petit format qui célèbre la résistance et encourage les plus petits à ne pas se laisser faire.
 
PS: On avait déjà pu admirer et se régaler des illustrations de nature de Nina Neuray dans son précédent album, son premier en solo, "A la lisière" (La partie, 2024, lire ici) après l'illustration de la traduction par Anne Brunet d'un texte d'Elisa Sartori, "Les polis topilins" (Editions Thierry Magnier, 2023).

 
Pratique
  • Quoi? Exposition Nina Neuray. 
  • Où? Maison de la Francité, 18, rue Joseph II, 1000 Bruxelles
  • Quand? Jusqu'au jeudi 2 avril, du lundi au vendredi de 9 à 17 heures (sauf weekends et jours fériés)
  • Combien? Entrée libre.
 
 
 


lundi 16 mars 2026

Les prix 2025 de l'Académie belge

Les lauréats 2025. (c) ARLLFB.

Samedi matin, l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique (Arllfb)
a remis ses prix littéraires 2025 en son lieu, le Palais des Académies. Un palmarès en huit temps, tous les prix n'étant pas annuels, qui se distingue par ses deux choix féminins,  portés sur deux candidates malheureuses au prix Rossel 2025 (lire ici). 
 
 
Les huit livres mis à l'honneur.


Grand prix de poésie

Le Grand prix de poésie (1.500 €) récompense un poète ou une poétesse belge pour un recueil remarquable.
 
Lauréat
Harry Szpilmann, pour "La vie fragile" (Le Taillis Pré)
 
Étaient aussi finalistes: 
  • Carino Bucciarelli, "Une poignée de secondes" (L'Herbe qui tremble)
  • Françoise Lison-Leroy, "Tu ouvres et c'est le jour" (Rougerie)
  • Marc Quaghebeur, "Labiales" (Lieux-Dits éditions)
  • Martine Rouhart, "En ce lieu clos" (Toi éditions)
  • Laurence Skivée, "Je trace" (La lettre volée)

 

 

Grand prix des arts du spectacle

Le Grand prix des arts du spectacle (1.500 €) récompense l'auteur belge d'une pièce de théâtre, mais éventuellement d'un scénario de cinéma ou de télévision, d'un seul en scène… Il peut également l'être pour l'ensemble d'une œuvre.
 
Lauréat
Jean-Marie Piemme, pour "Cabots mordus" (Edern)
 
Étaient aussi finalistes: 
  • Stanislas Cotton, "Tirésias jette l'éponge" (Edern)
  • Christine Delmotte, "Je voudrais mourir par curiosité" (Les Oiseaux de nuit)
  • Adrien d'Hose, "Collet" (Lansman)
  • Valériane De Maerteleire, "La reine rouge" (Lansman)

 

Grand prix du roman

Ce prix annuel (1.500 €) récompense un auteur ou une autrice belge ou vivant en Belgique, pour un roman mais aussi pour d'autres genres de fiction en prose (nouvelles, récits, apologues, etc.).
 
Lauréate
Emmanuelle Pol, pour "Jan sur un air de jazz" (Finitude)
 
 Étaient aussi finalistes: 
  • Frédérique Dolphijn, "Les oubliés" (Esperluète)
  • Claire Huynen, "Les femmes de Louxor" (Arléa)
  • Patrick Roegiers, "Satie" (Grasset)
  • Giuseppe Santoliquido, "Le don du père" (Gallimard)

 

Grand prix de l'essai

Ce prix (1.500 €) récompense l'auteur ou l'autrice belge d'un essai de philosophie, histoire, sociologie, spiritualité, religion… à l'exclusion de la critique littéraire, l'histoire de la littérature, la linguistique et la philologie qui font l'objet de prix distincts.
 
Lauréat
Pascal Chabot, pour "Un sens à la vie. Enquête philosophique sur l'essentiel" (PUF)

Étaient aussi finalistes: 
  • Gilles Collard, "Klaus, Une vie antifasciste" (Flammarion)
  • Chantal Deltenre, "Le regard retrouvé" (Esperluète)
  • Laurence Rosier, "La riposte, Femmes, discours et violences" (Payot)
  • Frédéric Saenen, "Léon Degrelle" (Perrin)
  • Pierre Schoentjes, "Inventer des grottes. Pré-histoires romanesques" (Le mot et le reste)
 
 

Grand prix d'histoire de la littérature

Ce prix (1.500 €) récompense l'auteur ou l'autrice belge ou écrivant en langue française, d'un ouvrage concernant l'histoire de la littérature mais aussi l'histoire des idées, des mentalités et des courants littéraires.
 
Lauréat 
Paolo Tortonese, pour "Remords. Zola, Dostoïevski" (Hermann)

Étaient aussi finalistes:
  • Sara Buekens, "Écologies littéraires africaines. L'imaginaire de l'environnement dans la littérature francophone postcoloniale" (Brill, 2025).
  • Esther Demoulin, "Beauvoir et Sartre. Écrire côte à côte" (Les impressions nouvelles, 2024).
  • Denis Saint-Amand, "Fictions du monde littéraire, Trois enquêtes" (Presses universitaires de Liège, 2025).
  • Myriam Watthee-Delmotte, "La littérature, une réponse au désastre" (Académie royale de Belgique, coll. L'Académie en poche, 2025).

 

 

Prix international de littérature française (catégorie théâtre)

Ce prix international (2.000 €) récompense alternativement un recueil de poésie, un roman et une pièce de théâtre et ce, pour une autrice ou un auteur issu de la francophonie et âgé de moins de 50 ans. L'année 2025 est dédiée au théâtre.

Lauréat
Samuel Gallet, pour "Le Pays innocent" (Éditions Espaces 34)

Étaient aussi finalistes: 
  • Thomas Depryck et Antoine Laubin, "Maria et les oiseaux" (De Facto/CED-WB/E&C)
  • Claire-Marie Lievens, "Qui a tué Patrice Lumumba?" (Les Oiseaux de nuit)
  • Lydie Tamisier, "L'odeur des tissus" (Tapuscrit, Théâtre ouvert)
  • Azilys Tanneau, "Rest/e" (Lansman)

 

 

Prix Verdickt-Rijdams

Le prix Verdickt-Rijdams récompense un auteur ou une autrice belge dont l'ouvrage porte sur le dialogue entre les arts et les sciences.

Lauréat
Jérémie Brugidou, pour "Bestiaire de lumière. Plongée dans les aventures lumineuses du vivant" (Éditions de l'Ogre)
 
Étaient aussi finalistes: 
  • Athane Adrahane, "Des lucioles et des ruines. Quatre récits pour un éveil écologique" (Le pommier)
  • Vinciane Despret et Pierre Kroll, "Dieu, Darwin, tout et n'importe quoi" (Arènes BD)
  • Paul Jorion, "L'avènement de la Singularité. L'humain ébranlé par l'intelligence artificielle" (Textuel)
  • Pierre Schoentjes, "Inventer des grottes. Pré-histoires romanesques" (Le mot et le reste)

 

Prix Découverte

Ce prix (1.000 €)  récompense une première œuvre littéraire d'un auteur ou une autrice belge. Il est remis alternativement, sur trois ans, à un recueil de poésie, un roman ou une pièce de théâtre. L'année 2025 est dédiée au roman.
 
Lauréate
Sandra de Vivies, pour "La femme du lac" (Cambourakis)
 
Étaient aussi finalistes: 
  • Rachel. M. Choltz, "Pipeline" (Seuil)
  • Claire Mathot, "La saison du silence" (Actes Sud)
  • Myriam Watthee-Delmotte, "Indemne, Où va Moby-Dick?" (Actes Sud)






vendredi 13 mars 2026

Dix mots pour dire un monde à venir

"Alunir", le premier mot 2026, illustré
par Philippe de Kemmeter. (c) FWB.

L'appellation est un peu kitsch, peut-être même rédhibitoire. Par ce qu'elle a été créée il y a trente ans? Et pourtant, l'opération annuelle "La langue française en fête", organisée par la Direction de la langue française de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), est une mine de propositions dynamiques, joyeuses, lettrées. Pour tous les âges. Déclinant un thème par an. Mais il y a tellement de propositions à des moments différents qu'on peine parfois à s'y retrouver entre ateliers, concours, animations, propositions à destination des écoles. Dépliants et calendrier des villes de mots foisonnent d'idées et sont à télécharger... à différents endroits du site. Une constante, tout est gratuit pour les participants.
 
Le thème 2026, celui de la 31e édition? Le même que celui de la Foire du livre de Bruxelles (lire ici), "un monde à venir". Il se décline en dix mots: alunir, anticipation, continuum, dystopique, humanoïde, particule, programmer, sidéral, théorie et transmuter. Et est parrainé par Gorian Delpâture, critique littéraire féru de science-fiction. Il explique les 10 mots choisis ici, en langue des signes ici.
 
 
 
 
 
 
 
 
Mais reprenons avec Aurore Dumont, responsable de la Direction de la Langue française
 
C'est quoi, "la langue française en fête"?
La langue française en fête est une opération annuelle de sensibilisation à la langue, organisée par la Direction de la Langue française (DLF). La langue française a la réputation d'être une langue difficile. Dès lors, de nombreux locuteurs et locutrices ressentent un inconfort à l'utiliser, de peur de commettre des erreurs. La langue française en fête a justement pour objectif de rappeler à chacun et chacune que la langue peut également être conviviale. Elle n'est pas un monument figé et inaltérable, un ensemble de règles compliquées, mais un formidable instrument de créativité, vivant et évolutif.
 
En Belgique ou en francophonie?
La langue française en fête se déploie dans le spectre plus large de l’opération "Dis-moi dix mots" portée par le Réseau Opale, constitué d'organismes de politique linguistique francophones (France, Luxembourg, Fédération Wallonie-Bruxelles, Organisation internationale de la francophonie, Québec et Suisse). Cette opération, qui propose chaque année la mise en valeur d’un thème et de dix mots associés, se diffuse à l'échelle de la francophonie. En 2026 (NDLR édition 2025-2026), c'est le thème de la science-fiction qui a été choisi. Il se décline sous le slogan "Dis-moi dix mots d'un monde à venir". 
 
Rappelons que "La langue française en fête" ne se déroule pas que du 14 au 22 mars 2026. D'autres activités, notamment scolaires, sont organisées en dehors. Infos sur le site.
 
Sélection: 
  • Les dix mots expliqués par le parrain 2026, Gorian Delpâture, c'est ici, en langue des signes ici.
  • Le Livret des dix mots, "Dis-moi dix mots d'un monde à venir", regroupant définitions, nouvelles d'auteurs de francophonie (dont deux Belges), illustrations, jeux et solutions, c'est ici.
  • Le Cahier pédagogique des 10 mots, qui accompagne le livret, propose pistes d'écriture, bibliographie jeunesse et activités culturelles, les textes des deux auteurs belges, Anne-Sophie Devriese (avec un titre et un texte modifiés pour passer à l'écriture inclusive en Belgique) et Dominique Warfa, un bonus venant de la revue "Philéas & Autobule", le tout illustré par Philippe de Kemmeter, c'est ici.
  • La plaquette 10 mots/10 défis en 10 minutes, soit un concours d'écriture rapide (ou pas) du 14 au 22 mars, c'est ici.
  • La Ville des mots 2026, c'est Pont-à-Celles qui fêtera la langue française toute la semaine (programme ici), sans oublier les fanzines à créer dans le cadre du Réseau des Villes des mots (ici).

 


Le texte écrit par Anne-Sophie Devriese pour le livret.


 
 

lundi 9 mars 2026

Deux titres belges dans les recommandations du jury du prix Andersen (IBBY)


On le sait, c'est le 13 avril prochain que seront dévoilés les lauréats 2026 du prix Hans Christian Andersen de l'IBBY (International Board on Books for Young People). Cela se passera à la Foire du livre de Bologne, comme chaque deux ans. Les douze finalistes sont connus depuis la fin janvier (lire ici). Avec quelques déceptions puisque 78 nominations avaient été soumises. Aujourd'hui le jury communique une liste de 21 titres qu'il recommande. Beaucoup d'albums et quelques romans, souvent assez anciens. Joie! On y trouve le nom du Belge Thomas Lavachery pour l'album "Padouk s'en va" (mise en couleur par Denis Roussel, l'école des loisirs, 48 pages, 2011). Un titre qui figurait parmi d'autres dans la bibliographie envoyée aux jurés. 
Voici ce que j'en écrivais à sa sortie: "On retrouve Jojo de la jungle, découvert dans l'album éponyme, dans une histoire un peu triste mais pleine d'amour. Les amis de Padouk peinent à accepter la mort de leur copain, très malade. Ils essaient de le retenir avant de finir par écouter le mourant. Padouk s'éteint paisiblement. Pour Jojo et les autres, la vie reprend, avec ses découvertes. Jusqu'à ce que l'affolement les étreigne: ils ne se souviennent plus des traits de Padouk. Un portrait en terre sculptée de l'absent les réconfortera, cultivant le souvenir et déjouant la mort. Un album sensible et vécu."
L'autre titre belge sélectionné est celui du néerlandophone Leo Timmers, "Het eiland van Olifant" (Querido, 2020). Il a été traduit en français par Lauren Bayer sous le titre "L'Île d'Éléphant" (Cambourakis, 2021, 48 pages). L'histoire d'un éléphant naufragé que d'autres animaux tentent d'aider.

Plaisir aussi de découvrir un album de Grégoire Solotareff ainsi que d'autres titres dont existe une traduction française.


 
Recommandations du jury du prix Andersen
 
"Bombay"
Sandra Siemens
Isol
Fondo de Cultura Económica de Argentina (Argentine, 2023)

"Padouk s'en va" 
Thomas Lavachery
l'école des loisirs (France, 2011)
 
"Sugar Falls: A Residential School Story" (Sugar Falls: L'histoire d'un pensionnat autochtone)
David A. Robertson
Scott B. Henderson & Donovan Yaciuk
HighWater Press (Canada, 2011)

"Kai Kai De Men" (Une porte ouverte)
Jin Bo
New Buds Publishing House (Chine, 2011)

"Jeg fortæller en krig" (Je te raconterai une guerre)
Kim Fupz Aakeson
Anna Margrethe Kjærgaard
Gyldendal (Danemark,  2024)

"Die Mitte der Welt"

Andreas Steinhöfel
Carlsen Verlag (Allemagne, 1998) 
"Le Milieu du monde"
traduit de l'allemand par Michaël Wilhelm
Aleph Éditions, 2018, 480 pages

"Divas Almas" (Âmes de divas)
Inese Zandere
Anete Bajāre-Babčuka
Liels un mazs (Lettonie, 2021)

"Tonje Glimmerdal"
Maria Parr
Åshild lrgensSamlaget (Norvège, 2009) 
"La petite terreur de Glimmerdal"
traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud
Éditions Thierry Magnier, 2012

"Rahalat Ajeeba fi al-Bilad al-Ghareeba" (Voyages extraordinaires en terres étranges)
Sonia Nimr
Rauf al- Karai
Tamer Institute (Palestine, 2013)

"Het eiland van Olifant" (L'île d'Éléphant)
Leo Timmers
Querido (Pays-Bas, 2020)

"Poiss ja papa" (Papa et le garçon)
Triinu Laan
Anne Pikkov
Päike ja pilv (Estonie, 2024)

"Toi grand et moi petit"
Grégoire Solotareff
l'école des loisirs (France, 1996)

"Marina"
Nikolaus Heidelbach
Beltz & Gelberg (Allemagne, 2022)
 
"To kotsíphi" (Le merle)
Photini Stephanidi
Kaleidoscope (Grèce, 2023)

"Chiknik Choon"
Sushil Shukla
Atanu Roy
Eklavya (Inde, 2016)

"Jabe-ye khaterat" (Ma boîte à souvenirs)
Babak Saberi
Alireza Goldouzian
Candle & Fog Publishing (Royaume-Uni, 2025)

"Dobutsuen gaido"  (Premier guide du zoo pour les petits enfants)
Hiroshi Abe
Fukuinkan Shoten (Japon, 1995)

"Jal ga, annyeong" (Ne t'inquiète pas)
Kim Dong-soo
Borim Press (Corée, 2016)

"Mulegutten"
Øyvind Torseter
Cappelen Damm (Norvège, 2015) 
"Tête de mule"
traduit du norvégien par Aude Pasquier
La joie de lire, 2016
 
"Os sete cabritinhos" 
Tareixa Alonso
Teresa Lima
OQO Editora (Espagne, 2008) 
"Les sept chevreaux"
traduit de l'espagnol
OQO, 2009, indisponible


"Finding Winnie: The True Story of the World's Most Famous Bear" (A la recherche de Winnie : la véritable histoire de l'ours le plus célèbre du monde)
Lindsay Mattick
Sophie Blackall
Little, Brown and Company (USA, 2015)