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mercredi 28 octobre 2020

Décès de l'amoureux fou des mots Alain Rey

Alain Rey et son "Dictionnaire amoureux des dictionnaires" en 2011.


Très triste nouvelle que l'annonce du décès à Paris, dans la nuit de mardi à mercredi, à l'âge de 92 ans, d'Alain Rey le célèbre linguiste et la figure tutélaire des dictionnaires "Le Robert". Une maison d'édition où il était entré en 1951, jeune diplômé en littérature, à l'invitation de Paul Robert qui souhaitait élaborer un nouveau dictionnaire "alphabétique et analogique" de la langue française. Ce sera "Le Grand Robert" en 1964, en six volumes, "Le Petit Robert" en 1967 et plein d'autres déclinaisons dont "Le Robert historique de la langue française" (à découvrir ici). 

Alain Rey, je l'écoutais chaque matin quand il officiait à France Inter. Son "mot de la fin", passionnante séance d'étymologie, était aussi l'occasion d'une chronique piquante sur l'actualité où il n'avait pas peur d'égratigner qui devait l'être. Un régal car le chroniqueur n'avait pas sa langue en poche et savait exactement ce qu'il voulait dire. Celles du début du siècle, de 2000 à 2005, ont paru en recueil (lire en toute fin de note).

Alain Rey, j'avais eu aussi l'immense chance et le bonheur de le rencontrer. Des interviews qui étaient des moments joyeux et enchanteurs. Avec ses yeux pétillants, sa moustache tortillonnée et ses cheveux de mage, sans oublier ses lunettes souvent incroyables, il partageait de son phrasé si reconnaissable ses savoirs immenses, sa curiosité et sa gourmandise de mots et surtout son amour pour la langue française. A destination des jeunes, des adultes et des enfants. 

Alain Rey. (c) Thomas Pirel.



Ma rencontre avec Alain Rey, en avril 2011, à l'occasion de la sortie du "Dictionnaire amoureux des dictionnaires" (Plon).
On ne pouvait pas trouver meilleur auteur pour le "Dictionnaire amoureux des dictionnaires" (Plon) qu'Alain Rey, 82 ans, plein de rire et d'énergie, l'artisan de différents "Robert". Un volume passionnant, où l'on retrouve son style vivant, son esprit piquant, sa manière déliée d'écrire, sa façon légère de nous raconter des choses intéressantes. A picorer selon l'envie.



Depuis quand avez-vous cet amour pour les dictionnaires?
C'est le hasard qui me l'a apporté. Si je n'avais pas rencontré Paul Robert quand il commençait son grand dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française en 1952, je ne sais pas si j'aurais jamais fait de dictionnaire. J'avais fait des études d'histoire de l'art, de littérature française, anglo-saxonne et américaine et de sciences politiques. Je ne savais pas trop vers quelle direction aller. Une idée était de faire du journalisme, notamment culturel. Mais j'ai rencontré Paul Robert, j'ai fait un essai de dictionnaire qui lui a plu et je me suis aperçu que le dictionnaire permettait de réunir à peu près toutes les études qu'on voulait faire.
On dit de vous que vous êtes grand collectionneur de livres. Dont des dictionnaires?
Il y a des dictionnaires mais, heureusement, je suis loin de certains collègues un peu allumés qui ont dans leurs collections toutes les éditions du "Petit Larousse" ou toutes celles du "Dictionnaire de l'Académie française" – même s’il y en a moins. J'ai beaucoup de dictionnaires, notamment des dictionnaires anciens, que j'aime mieux consulter sur le papier dans leur habit originel plutôt que sur internet où ils se trouvent souvent. Ma bibliothèque est essentiellement une bibliothèque littéraire française. Avec pas mal quand même de livres en anglais et de livres spécialisés, philo, sociologie, linguistique bien sûr. Ceux-là, je les mets un peu à l'écart parce qu'une fois que je les ai lus et consultés, je ne veux pas en faire un entourage exclusif. Je pense, en effet, que le dictionnaire, qui est une spécialité, m'a permis de sortir de l'idée de spécialité.
Avez-vous une idée du nombre d’ouvrages que vous possédez?
Ça se compte en cartons. Dans chacun, il y a entre vingt et quarante livres. C'est donc facile de faire le calcul si je vous dis que j'ai entre 600 et 800 cartons.
Ça fait plus de 20.000 livres!
Je ne sais pas, je ne les ai jamais comptés.
Et les dictionnaires?
Je dois en avoir 300 ou 400.
Vous rappelez-vous du premier dictionnaire que vous avez eu petit?
Oui, ce n'était pas un dictionnaire, c'était un alphabet où il y avait des mots et des dessins, imprimé sur du tissu. Encore aujourd'hui, les enfants sont assez amateurs de livres avant d'arriver à 'âge où ils passent, avec armes et bagages, sur écran, avant, pour certains, de revenir aux livres un peu plus tard. Les enfants jeunes sont très friands de bouquins, pas seulement de dictionnaires mais de livres d'images, de livres qui racontent des histoires.
Et le dernier dictionnaire en date que vous ayez trouvé?
Le dernier en date, je ne l'ai pas encore reçu mais je l'ai commandé par correspondance. C'est un dictionnaire dont je parle dans mon "Dictionnaire amoureux". Je l'avais consulté par bribes. Il s'agit du "Dictionnaire infernal", de M. Collin de Plancy. Il date du XVIIIe siècle et réunit des connaissances sur la sorcellerie, la magie, les démons, etc. Je trouve cela très rigolo.
Ce "Dictionnaire amoureux" représente un travail considérable. Combien de temps vous a-t-il pris?
Il m'a pris d'autant plus de temps que j'étais en train de mettre au point la nouvelle édition du "Dictionnaire historique de la langue française", très augmentée, et où j'ai écrit l'équivalent de 5 à 600 feuillets: soit quatre ans de travail à temps partiel.
Avez-vous eu assez avec les mille pages de votre dico amoureux?
A peu près. J'ai quand même eu un travail de nettoyage. C'était plutôt un bien. Cela allégeait les parties les plus érudites, qui risquaient d’être lourdes. Par contre, je n'ai pas touché à tout ce qui était personnel, et surtout pas aux articles inattendus comme Casanova, Leonard de Vinci, Batman ou Virginia Woolf.
Pourquoi n'y a-t-il pas d'entrée pour les lettres X, Y et Z?
Il y aurait pu y avoir Z. Mais j'ai déjà fait quelque chose sur la lettre Z, le dernier mot des dictionnaires, dans mon "Dictionnaire historique". Je ne voulais pas me répéter.
Comment avez-vous procédé pour choisir les entrées: langues, idées, personnes, écrivains, expressions?
J'ai d'abord noté ce qui était essentiel, pour ne rien louper. Je voulais que ce soit à la fois personnel, léger (l'esprit de la collection) et que cela serve de livre de références pour quelqu’un qui se demande: qu'est-ce que c'est qu'un dictionnaire? qu'y a-t-il derrière ce mot? est-ce que c'est ancien? quelles civilisations ont-elles des dictionnaires? quels personnages importants s'y sont-ils intéressés? Après, j'ai cherché des gens qui avaient un rapport aux dictionnaires ou des idées intéressantes. Il y avait des choses évidentes: définition, exemple, citation. Et d'autres qui l'étaient moins comme l'expression "prêt-à-parle", employée par des amis linguistes et que je trouve très bienvenue.
"Prêt-à-parler"?
Il y a dans le dictionnaire l'idée que c'est prêt pour l'utilisation. Cela lui vaut son succès dans l’édition: les gens s’imaginent, naïvement d'ailleurs, qu'ils vont y trouver la totalité du savoir, dans un accès facile. La totalité du savoir, c'est une illusion. Par contre, la facilité d'accès, quand on a à sa disposition les mots, ou les noms propres pour la désignation, c'est beaucoup plus vrai.
On est étonné de trouver des noms comme celui de Flaubert.
Oui, il y a tous les gens qui se sont intéressés de très près aux dictionnaires quand ils n'en ont pas fait un eux-mêmes ou qu'ils n’ont pas contribué à l'un ou l'autre. Je les ai mis ensemble, dans l'article le plus long, "écrivains et dictionnaires". On s'aperçoit qu'un poète comme Saint-John Perse se servait constamment du dictionnaire pour vérifier que les mots qu'il employait étaient courants. C'était une pulsion bizarre. Sartre raconte que, enfant, il se baladait dans le Grand dictionnaire Larousse de 1900 de son grand-père. Il m'a donné l'idée de faire un article sur les tranches alphabétiques des grands dictionnaires. Leurs désignations sont assez cocasses: le deuxième volume du Trésor de la langue française va de "Ange" à "Badin". Ange badin, cela ferait un très joli roman!
Vous citez aussi les correcteurs, cette espèce en voie de disparition.
C'est une façon de dire que les gens qui travaillent dans l'ombre sont extrêmement importants parce qu'ils garantissent la qualité. Une qualité qui est souvent supérieure à ce qui est mis en ligne sur internet. Les correcteurs automatiques, qu'on a sur tout ordinateur, sont utiles pour des choses formelles mais quand il s'agit de sens ou d'expressions, ils donnent des résultats assez lamentables. Alors que le correcteur humain apporte son expérience et sa sensibilité.
Y a-t-il une notice dont vous êtes particulièrement content?
Je suis assez content de "écrivains et dictionnaires" parce que c'est une synthèse qui n'avait pas été faite. Je suis aussi content des notices qui font revivre des personnes ou des idées oubliées. Par exemple, le surréaliste belge Armand Permentier avec son extraordinaire dictionnaire où les mots sont inventés et font référence à une réalité poétique surréaliste. Il y a aussi Pougens, fils naturel du prince de Conti, un jeune peintre travaillant en Italie et qui est devenu aveugle. Ne pouvant plus peindre, il est rentré à Paris et s'est jeté dans la philologie. Je ne sais pas comment il se faisait lire les textes, mais il a réuni du matériel pour un dictionnaire. Quelle vie romanesque! Elle mériterait d'être reprise par un romancier d’aujourd'hui, du genre de Eco. Pougens a connu Cagliostro, le chevalier d'Eon, il était en mission diplomatique à Londres à cause de sa naissance illustre et il a eu une œuvre philologique d'érudition considérable tout en étant aveugle!


Lors de cette rencontre au printemps 2011, Alain Rey m'avait parlé d'un projet qu'il destinait aux enfants. Son premier livre pour enfants même - d'autres suivront.
"Je pense, dans un avenir très proche, faire un livre avec ma femme, Danièle Morvan, un livre d'étymologie et d'histoire des mots. Ce ne sera probablement pas un dictionnaire. Je pense que je vais ranger les mots plutôt par domaine d'intérêt, pour raconter leur histoire aux enfants, de manière vivante, de nature à les intéresser. Je sais que cela les intéresse parce que dès qu'ils s'aperçoivent que les mots qu'ils emploient tous les jours racontent des histoires, naturellement, ils sautent sur l'occasion.
Je me rappelle avoir expliqué à un de mes neveux que le charcutier était quelqu’un qui cuisait (cuitier) de la chair (de la viande). Il ne voulait pas le croire au début. Cela lui paraissait complètement saugrenu. Et le fait de penser qu'un mot qui n'a pas d'autre sens que celui qu'on emploie quotidiennement a derrière lui une histoire qu'il raconte, cela le fascinait. Il faut représenter le mot comme une sorte de personnage qui est à la recherche de quelque chose, qui se déplace. La tomate vient du Mexique, se balade en Espagne et en Italie, remonte vers la France et l’Angleterre et atterrit dans l’assiette de pâtes!"
Ce livre d'Alain Rey et Danièle Morvan, accessible dès 8 ans, c'est "Trop forts, les mots!" (Milan, 2011), en format haut et étroit, où on  retrouve le charcutier du neveu et la tomate chère au lexicologue. Mais ce que le coquin d'auteur ne dit pas quand il annonce vouloir raconter 50 mots, c'est que chaque entrée en cache plusieurs autres (un index en fin d'ouvrage en témoigne).

On ne va pas le lui reprocher, lui qui nous guide avec compétence et humour dans cet univers lettré, ouvrant des portes secrètes, indiquant des portes dérobées. Ses histoires sont passionnantes, cinquante étapes qui parcourent l'alphabet, de "avion" à "viande", en passant par "bédés", "cinés", "dragons", "école", "robe", "soupe", "sport" et plein d'autres diantrement choisis pour les enfants. Comme dit Alain Rey, "ils sont forts, les mots!"


Alain Rey en 2014. (c) Lionel Allorge.


Ma rencontre avec Alain Rey en novembre 2006, lors de la sortie de son recueil "A mots découverts" ( Robert Laffont, 2006)

Les mots, c'est la raison d'être d'Alain Rey. Il les étudie, les décortique, les savoure et nous les fait aimer. Grâce à ses chroniques. Chroniqueur écarté des ondes de France Inter à l'été dernier (2005), Alain Rey, 78 ans, le père des dictionnaires Le Robert, rassemble quatre cents de ses alertes chroniques dans un épais recueil intitulé "A mots découverts". A picorer, à dévorer, pour savourer le savoir du vigilant gardien de nos mots. Ses explications lumineuses, ses clarifications soignées, sont un vigoureux accélérateur d'esprit critique.

Comment était née votre émission de radio? Avez-vous été sollicité?
C'est France Inter qui, en 1993, a pris l'initiative, très précisément Ivan Levaï. Le livre, lui, est dédié à Stéphane Paoli et à Louis Bozon, qui faisait le 7-9 quand j'ai commencé la chronique. Un homme bien plus cultivé que le "Jeu des mille euros" ne l'implique, très fin et extrêmement aimable. Il m'a donné des petites recettes. J'avais fait un peu de radio, en tant qu'invité; ce n'est pas du tout la même chose de venir tous les jours avec une chronique. La voix doit être assurée. Il y a un réglage à faire entre l'écrit et la spontanéité. Sur deux minutes et demie, je ne pouvais pas entièrement improviser: je me serais aperçu à deux minutes quarante que je n'avais pas dit le quart de ce qu'il fallait dire, ou de ce que j'avais l'intention de dire. Levaï m'avait dit: "Il faut absolument que tu écrives ton truc."
Comment choisissiez-vous les mots que vous traitiez?
En fonction de l'actualité. Les derniers temps, je faisais ma chronique en direct un peu avant 9 heures. Cela me laissait le loisir de préparer mon sujet le matin même. L'atmosphère du matin n'est pas la même que celle du soir. Généralement, il y a un thème qui surnage. Je choisissais un mot que je n'avais pas traité précédemment et qui me semblait intéressant en tant que mot. S'il se disait aux journaux des choses remarquables, je les incluais ou j'enlevais une partie, ou je traficotais. Il m'est arrivé d'improviser complètement, pour un événement totalement imprévu. Un jour, le studio a été envahi par des intermittents. J'avais prévu de faire le mot précarité. J'ai remis mon papier en poche et j'ai traité l'idée de précarité, mais en fonction de la situation.
Les mots sont-ils tous intéressants?
Il ne m'est jamais arrivé de choisir un mot, de le regarder sous la forme linguistique, historique, et de me dire: "C'est pas intéressant, il ne s'est rien passé avec ce mot, il n'a pas changé de sens, il ne vient de nulle part ou il vient d'un endroit trop évident." Tous les mots français, à condition qu'ils ne soient pas hypertechniques ou très spéciaux, auquel cas c'est un problème sémantique et non culturel et historique, tous les mots français qui ont plusieurs sens, qui ont évolué, qui sont fréquents et qui sont employés de manière normale et sans y penser par tout le monde, sont intéressants. J'en avais l'intuition, mais je ne pensais pas que c'était vrai à ce point.
Où trouviez-vous vos informations?
Une fois le mot choisi, je me servais prioritairement de mon propre "Dictionnaire historique de la langue française". J'y trouvais à peu près ce qu'il me fallait pour ne pas faire un cours ennuyeux sur l'histoire du mot, mais une réflexion sur son usage actuel; en rappelant que son origine donnait un soubassement ou des changements de sens qui pouvaient jouer, qu'on pouvait exploiter pour critiquer la manière de l'employer aujourd'hui.
Vous voulez dire que certaines juxtapositions dénaturent les mots?
Oui, quand on parle par exemple de gens qui sont pris en "otages" parce qu'il y a une grève des transports en commun, on a le droit de le faire. Mais il faut se rappeler qu'il y a de vrais otages. C'est un peu les insulter que d'assimiler cela, et en plus, c'est insulter les gens qui font la grève: ils ne la font pas pour prendre des gens en otages, ils la font pour avoir des conditions de travail meilleures. Et ils n'ont pas trouvé de meilleur moyen que d'arrêter de travailler, ce qui effectivement gène un certain nombre d'usagers.
Votre livre porte sur une durée de cinq ans, de 2000 à 2005. Comment s'est fait le choix des textes?
Je voulais quelque chose qui balaie chronologiquement le début du siècle, de 2000 à 2005, pour faire une unité. J'ai essayé qu'il n'y ait pas de redondance, mais j'ai volontairement laissé deux ou trois mots qui sont traités plusieurs fois, pour que le lecteur puisse voir comment on peut éclairer différemment le même mot quand les circonstances ont changé. Surtout, je voulais choisir ceux qui étaient pour moi les meilleurs, ou les moins mauvais!
Est-ce la mission du lexicographe, de rendre clair ce que l'usage obscurcit?
C'est aider chacun à redécouvrir qu'il a dans son propre langage des éléments de contrôle de ce qu'on essaie de lui faire penser. Je tente de combattre le fait d'exploiter le langage pour un effet d'inégalité, mais c'est une chose très fréquente.
Vous paraissez sensible à ne pas être dominé, ni à laisser dominer les autres.
Domination, non-domination, cela me paraît être un thème fondamental. Echange de signes, toute communication est en même temps un combat dans lequel il y a un gagnant et un perdant. Ça ne devrait pas être comme ça, mais ce l'est souvent. Ce que je combats dans l'usage des mots, c'est le désir de prendre le dessus sur l'interlocuteur, désir incarné de manière évidente dans la propagande politique et dans la publicité: deux types de rhétoriques étroitement apparentés et destinés à changer le comportement des gens ou à induire leur comportement, sans leur demander leur avis bien entendu. Aucun échange n'est possible, c'est le contraire du dialogue platonicien. C'est un monologue d'influence. Ce type de discours a été génialement exposé dans la plupart des pièces de Shakespeare. C'est une vérité probablement éternelle et en tout cas, aujourd'hui, fortement vérifiable.
D'où vient le mot "étatsunien", né de votre plume ?
"Etatsunien", c'est pour des raisons idéologiques très précises. Je trouve scandaleux qu'un Etat, même le plus puissant du monde, s'arroge le nom d'un continent. C'est tout. Je n'aime pas le mot "étatsunien". Il n'est pas joli, il est mal foutu, mais je n'ai pas trouvé mieux. Je l'ai lu à plusieurs reprises dans des livres de sociologie. Il y a des moments où employer américain devient absurde. J'écris un livre sur les variantes du français un peu partout dans le monde: si on parle du français canadien et de l'influence de l'américain sur le français canadien, c'est ridicule. Parce que le français canadien est un français américain bien entendu. On peut parler de l'influence étatsunienne. Comment distinguer aussi l'influence de l'anglais des Etats-Unis de l'anglais du reste du Canada, de l'Ontario, sur le français du Québec en employant le mot américain dans tous les cas? Je pense que l'adjectif étatsunien est une nécessité. De même, j'aimerais trouver un autre mot pour "nationalité française": la possession d'un passeport français n'a rien à voir avec le fait de parler français et c'est le même mot.

Alain Rey avait initié le "mot du jour" sur le site des dicos.



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