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dimanche 9 septembre 2018

Postface inédite au poche du "Jour d'avant"

Sorj Chalandon à Liévin de 27 décembre 2017.

Quarante-trois ans après la catastrophe minière qui a eu lieu à Liévin le 27 décembre 1974 et dont il a fait le sujet de son dernier roman en date, le très beau "Le jour d'avant", sorti l'an dernier et qui paraît maintenant en version poche, Sorj Chalandon a été invité à participer à la commémoration officielle du drame par la municipalité.

Un honneur que cette invitation, a considéré l'auteur du "Jour d'avant" (Grasset, 332 pages, 2017, Le livre de poche, 353 pages, 2018), roman coup de poing, roman de justice, que j'avais présenté ici sous le titre "L'énigmatique frère du 43e mineur mort à Liévin", comprenant un entretien avec Sorj Chalandon.





A Liévin, l'hiver dernier, entre Noël et Nouvel An, l'écrivain a lu quelques pages de son roman où il met en scène un quarante-troisième mineur pour mieux faire ressortir l'injustice dont ont été victimes les quarante-deux gars qui ont péri sous terre cette nuit funeste. Surtout, il s'est adressé à la foule de ceux qui étaient présents, concernés par le drame, qui avaient lu son livre et avaient parfaitement compris sa démarche de romancier.

Des mots vrais et sensibles où on retrouve l'émotion et la sincérité de Sorj Chalandon. Une intervention qui est reprise en postface du passage en poche du roman. En voici un extrait.

"(...) Dans la solitude et le silence de l'écriture, on ne sait jamais ce que deviendra un roman. Ce que sera sa vie. En écrivant "Le Jour d'avant", je savais que je m'engageais sur des terres sacrées. On n'écrit pas impunément sur la douleur des hommes. Ajoutant une 43e victime au nombre réel des mineurs morts le 27 décembre, je prenais le risque de choquer ou de peiner la mémoire. Même racontée avec pudeur et respect, une fiction peut dévaster.
Mais ce jour-là, m'approchant du micro, j'ai su que mon roman avait été compris comme une page de plus, écrite pour célébrer la dignité ouvrière. Et la mémoire des 42 hommes de Liévin. À l'invitation du maire de la ville, entre la sonnerie aux morts et une marche funèbre, on m'avait demandé de lire un passage de mon roman. (...)"




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