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samedi 1 septembre 2018

Rentrée littéraire? Quelle rentrée littéraire?

Amélie Nothomb.

Poursuivons l'habitude. Entamons la rentrée littéraire et ses 567 titres (lire ici) par le nouveau roman d'Amélie Nothomb, présente pour la vingt-septième fois depuis qu'"Hygiène de l'assassin" est sorti en 1992. "Les prénoms épicènes" (Albin Michel, 155 pages), est conforme à ce qui en avait filtré en avril (lire ici). Une relation fille-père, disons, compliquée. En quatrième de couverture, une phrase énigmatique autant qu'apéritive: "La personne qui aime est toujours la plus forte."

Passé un premier chapitre sur la rupture soudaine et tempétueuse entre Reine et un homme non nommé qui ne rêve que de vengeance ultérieure, on rencontre Dominique (elle) et Claude (lui). Une première scène dont l'histoire du cru 2018 sera le prolongement. On est dans les années 70. Les deux Brestois deviendront très vite un couple aux deux prénoms épicènes ("prénom qui convient aux deux sexes, aussi bien par l'orthographe que par leur sonorité", en dit Amélie Nothomb). Montés à Paris, ils auront, difficilement, un enfant, une petite fille prénommée Epicène ("prénom utilisé par Ben Jonson (1572-1637), un contemporain de Shakespeare,  dans "Volpone"", rappelle la romancière belge).

On va suivre Epicène durant trente ans, depuis sa naissance. Très vite, on comprend que son père ne l'aime pas. Enfant lucide, comme beaucoup d'enfants, elle le réalise aussi très vite. A cinq ans. Et, à onze ans, la demoiselle jusque-là réservée, se met à le détester et décide de s'en venger. C'est un des points communs qu'elle a avec son père, lui aussi en mode vengeance. Mais de ces deux vengeances, une va rater et l'autre réussir.

"Les prénoms épicènes", ça se lit, entre coupes de champagne Deutz et parfum Chanel n°5, mais ça n'emballe pas vraiment. Il y a de beaux passages, comme l'amitié profonde entre Epicène et sa copine de classe Samia, l'idée de se transformer en cœlacanthe, poisson capable de mourir et de ressusciter, le mystère de Madame Cléry mais le roman ne prend pas vraiment et laisse le lecteur à distance malgré le suspense et les retournements de situation. La finale le sauve un peu par l'usage remarquable du verbe anglais "to crave".


Pour lire la première page des "Prénoms épicènes", c'est ici,  et pour retrouver l'entretien vidéo d'Amélie Nothomb à propos de ce nouveau roman, c'est ici.


Amélie Nothomb, métronome de la rentrée littéraire
  • 1992 "Hygiène de l'assassin", Prix René Fallet
  • 1993 "Le Sabotage amoureux", Prix de la Vocation / Prix Alain-Fournier / Prix Chardonne
  • 1994 "Les Combustibles"
  • 1995 "Les Catilinaires", Prix du Jury Jean Giono
  • 1996 "Péplum"
  • 1997 "Attentat"
  • 1998 "Mercure"
  • 1999 "Stupeur et tremblements", Grand Prix du roman de l'Académie française
  • 2000 "Métaphysique des tubes"
  • 2001 "Cosmétique de l'ennemi"
  • 2002 "Robert des noms propres"
  • 2003" Antéchrista"
  • 2004 "Biographie de la faim" 
  • 2005 "Acide sulfurique"
  • 2006 "Journal d'Hirondelle"
  • 2007 "Ni d'Ève ni d'Adam", Prix de Flore
  • 2008  "Le Fait du prince", Grand Prix Jean Giono pour l'ensemble de son œuvre
  • 2009 "Le Voyage d'hiver"
  • 2010 "Une forme de vie"
  • 2011 "Tuer le père"
  • 2012 "Barbe Bleue"
  • 2013 "La nostalgie heureuse" (lire ici)
  • 2014 "Pétronille" (lire ici)
  • 2015 "Le crime du Comte Neville" (lire ici)
  • 2016 "Riquet à la houppe"
  • 2017 "Frappe-toi le cœur" (lire ici)
  • 2018 "Les prénoms épicènes"
Tous ses livres sont publiés chez Albin Michel, et ensuite, en format poche, au Livre de Poche.

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