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lundi 28 novembre 2016

Quel livre en remède à ma culpabilité?

Michaël Uras

Misère! Tout dans mon environnement me rappelle que je dois absolument parler du roman de Michaël Uras, "Aux petits mots les grands remèdes" (Préludes, 376 pages) que j'ai lu il y a un moment et vraiment bien apprécié. D'abord, le livre attend son heure dans la pile des "livres lus à chroniquer". Ensuite, quand j'écoute d'une oreille distraite la radio, je devine aux propos échangés que son auteur est un des invités. Enfin, dans le tam-tam autour de la Fête du livre à la Maison de la radio (Paris), quel est l'écrivain dont je remarque le plus le nom?

Dans le match culpabilité-action, j'en étais donc à 1-0. Mais je vais égaliser dès la prochaine minute. Car je vais vous parler du troisième roman de Michaël Uras, "Aux petits mots les grands remèdes". Demeurera la question de savoir quel ouvrage lire pour lutter contre ma culpabilité. Vais-je appeler l'auteur lui-même, ou Alex, le personnage central de ce roman original et bien mené? Bibliothérapeute, il conseille à ses patients en souffrance des livres qui pourraient les aider. Mieux que des médicaments.
L'écrivain fait bien de rappeler en exergue une phrase de Romain Rolland dans "L'Eclair de Spinoza": "On ne lit jamais un livre. On se lit à travers les livres, soit pour se découvrir, soit pour se contrôler."
Le roman s'ouvre sur la fiche d'un premier patient, Alexandre. Il vient d'être quitté par sa compagne qui ne supportait plus sa passion "dévorante" pour les livres. Il ne va pas bien mais continue son boulot pour les autres tout en se conseillant lui-même. On l'a compris, ce patient est aussi le narrateur et l'acteur de ces pages bien ficelées et fort agréables à lire. On suit volontiers celui qui "ne laisse personne indifférent", phrase serinée par sa mère, qui s'interroge sur lui-même et nous entraîne dans sa passionnante pratique professionnelle. Chaque épisode lui rappelle le passage d'un livre qu'il a lu et dont il nous donne le titre. Une aubaine pour les lecteurs.

Drôlement érudit, le texte n'est nullement ennuyeux ou donneur de leçons. Alex partage sa passion, contagieuse, celle de la littérature. Michaël Uras, lui, fait de la littérature. En composant un roman intelligent et brillant, dont on découvre avec intérêt les protagonistes et ce qui leur arrive. Yann, l'ado cloîtré chez lui avec l'assentiment de sa mère, Jacques, le patient en fin de vie, Anthony, un footballeur professionnel, Robert, le commercial épuisé...

Entre les consultations, il y a la vraie vie, celle d'Alex dont on découvre le présent (sa voisine de palier notamment), le passé (son amour pour Mélanie entre autres) et les espoirs pour le futur (son amour pour Mélanie entre autres). Il y a aussi les surprises que le destin lui réserve, les bonnes et celles qui pourraient le terrasser. Il n'est pas épargné. Mais les livres veillent, amis fidèles, discrets et bienfaisants. Les maux passent, les mots restent.

Michaël Uras signe un roman plein d'imagination, d'humour et de dérision, usant d'un sens remarquable de la formule. Fin observateur de l'âme humaine, il suit de près ses personnages en thérapie sans oublier Alex qui semble faire de beaux progrès entre la première et la dernière page. "J'aime quand les livres finissent bien", conclut simplement l'auteur. Moi aussi, dans ce cas-ci.
























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