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vendredi 11 novembre 2016

La tranquillité intrigante de Junko Nakamura

Junko Nakamura.
Elle est discrète, Junko Nakamura. Aussi douée que discrète. Plasticienne, graveuse, dessinatrice, animatrice d'ateliers jeunesse... Les albums pour enfants de cette Japonaise née à Tokyo et aujourd'hui installée à Paris sont autant de petits bijoux. Elle en a notamment publié cinq chez MeMo - pour le moment:  "Au fil du temps" (2012),  "Cinq amis" (2013), "Quand il pleut" (2014), "Ce matin" (2015) et "La visite" (2016). Des livres aussi enchanteurs et réjouissants que simples mais exigeants.

On peut découvrir quelques-uns des originaux de "La visite" (et des affiches imprimées spécialement pour l'occasion) exposés à la librairie Candide (1-2, place Brugmann, 1050 Bruxelles) jusqu'au 23 novembre. Une librairie qui, je dis ça, je dis rien, est ouverte les jours fériés et les dimanches.

"La visite" est le dernier album en date de Junko Nakamura (MeMo, 40 pages). Comme le précédent, "Ce matin", il est imprimé en tons directs, ce qui signifie - en résumant très fort - qu'il faut pour cela séparer les différentes couleurs des illustrations, contrairement à l'habituelle quadrichromie. Des planches exposées à la librairie Candide permet de comprendre le procédé comme les images en fin de note.

Avec ses chaleureuses couleurs qui vont bien avec la période précédant Noël qu'il raconte, cet album sans texte en format presque carré est extrêmement attachant.

La couverture montre la porte d'une maison et d'autres indices, discrets. De double page en double page, on va aller au parc en compagnie d'une famille tandis qu'un chat blanc passe au loin. Puis dans une rue dont se laissent voir les intérieurs des maisons éclairées. Ici un chat noir, là quelqu'un au piano, là encore, un sapin de Noël. Des gros plans nous montrent la maison du chat noir, de l’extérieur et de l'intérieur. Puis a lieu une étrange visite dans la maison rouge: la chatte blanche y est reçue pour le thé par le chat noir mais ils ont tous les deux des habits et des attitudes d'humains. Lui lit une lettre, elle regarde par la fenêtre. Pendant ce temps, la séance familiale au parc se termine, la famille va bientôt rentrer, non sans que les protagonistes de cette double histoire ne se soient encore une fois croisés.

Les belles images de Junko Nakamura créent une très belle histoire, proche des enfants et des chats, passant gracieusement de la réalité à la fantaisie, posant des questions et offrant des esquisses de réponse que chacun interprétera à sa guise. Paisibles et imaginatives, elles réjouissent le cœur et les yeux. Pour les plus jeunes.



Trois doubles pages de "La visite". (c) MeMo.


En novembre de l'an dernier, on avait découvert avec le même bonheur l'album "Ce matin" de Junko Nakamura (MeMo, 44 pages), toujours disponible, dont les tons acidulés de soleil levant et le texte à la première personne célèbrent la beauté du nouveau jour et l'élan vers le monde. Si la bonne humeur est évidente, on voit bien que tout n'est pas simple pour les héros. Quitter son cocon nocturne, la table inspirante du repas, la douceur de la maison...

Le narrateur est un ours qui ressemblerait bien un peu à celui de "Nicolas et Pimprenelle". Il est le maître du chien Yupi, le premier levé. On les suit tous les deux dans leurs rituels matinaux: l'un qui éveille gentiment l'autre, la gymnastique, la préparation du petit déjeuner (chacun le sien), sa dégustation, le coup d’œil par la fenêtre, la vue de la voisine et de nouveaux préparatifs en vue de sortir de la maison. "Partons voir le monde", dit M. Ours en fin d'album, sous le dessin d'un soleil tout sourire. Pour les plus jeunes.



Joie contagieuse et belle complicité dans "Ce matin". (c) MeMo.


L'impression en tons directs

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