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jeudi 4 octobre 2018

"L'espoir à l'arraché" du poète Abdellatif Laâbi

Abdellatif Laâbi à la villa Empain. (c) Jérôme Hubert.

Hier soir, mercredi 3 octobre, les Midis de la poésie se déplaçaient à la Villa Empain où la Fondation Boghossian inaugurait son tout nouveau salon littéraire, consacré aux littératures arabes. En invité de Soraya Amrani (La Charge du Rhinocéros), le poète Abdellatif Laâbi, né à Fès (Maroc) en 1942 mais résidant en France depuis 1985. Une excellente soirée, lumineuse, qui n'avait rien de redondant par rapport à sa précédente venue à Bruxelles il y a un an (lire ici). Une conversation riche avec un poète délicat et ironique, ponctuée de lecture de poèmes.

"J'atteste qu'il n'y a d'Etre humain
que Celui dont le cœur tremble d'amour
pour tous ses frères en humanité
Celui qui désire ardemment
plus pour eux que pour lui-même
liberté, paix, dignité
Celui qui considère que la Vie
est en encore plus sacrée
que ses croyances et ses divinités…"

Abdellatif Lâabi

Extraits de la soirée.

"Je suis un migrant professionnel."

"Le désespoir ne sert à rien, il est stérile."

"Les religions sont en train de nous dévorer de l'intérieur."

"La poésie ne s'entend pas beaucoup avec la lâcheté."

"J'utilise la dérision pour exorciser le drame de la tragédie."

"Le français est une langue machiste".



Abdellatif Laâbi vient de publier "L'Espoir à l'arraché" (Le Castor Astral, 144 pages), un recueil de poèmes où il livre une nouvelle bataille contre ce "règne de barbarie" qu'il ne cesse de pourfendre depuis son premier livre, écrit au milieu des années 60. Il le fait avec des "armes miraculeuses" qui lui appartiennent: le cri qu'il dit être inscrit dans ses gênes, la célébration inconditionnelle de la vie et, plus toniques encore, l'ironie et l'autodérision. Il en résulte un paradoxe: alors que des accents tragiques résonnent fortement ici d'un poème à l'autre, on en ressort à la fois ragaillardi et la tête un peu dans les étoiles.


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